Le tragique déclin de la Côte d’Ivoire

Le tragique déclin de la Côte d’Ivoire
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déclin de la Côte d'Ivoire

Pour mon premier poste de correspondant de l’Atlantique, je retourne en Côte d’Ivoire, où j’ai commencé à travailler dans le journalisme au début des années 1980.

Pourquoi choisir un sujet aussi obscur, un pays africain qui n’est ni extrêmement riche en pétrole, ni le foyer d’une minorité blanche assiégée, ni la base imaginaire des terroristes islamiques ?

Oui, la Côte d’Ivoire a régulièrement fait la une de l’actualité ces dernières semaines, scène d’un dangereux affrontement entre un dirigeant vaincu lors d’une élection démocratique et qui continue pourtant à s’accrocher avec défi au pouvoir et l’homme qui l’a battu. Mais il y a un point plus important à souligner, à savoir comment les pays africains relégués en marge de notre politique étrangère (souvent mal formulée) à l’égard du continent peuvent être d’une importance remarquable.

Pour plus d’informations, visitez ce site : https://www.afriksoir.net/

La dernière fois que j’ai écrit sur la Côte d’Ivoire, c’était en tant qu’observateur frustré de l’Asie du Nord-Est ; Séoul hivernale, pour être précis, un endroit aussi loin de l’Afrique de l’Ouest qu’on pouvait l’être. C’était en 1999 et un coup d’État, la première salve de ce qui allait devenir une guerre civile ruineuse, venait de se produire dans le pays. De loin, j’avais du mal à susciter plus d’intérêt pour l’histoire, qui moins le « grand » était traité comme dans la phrase pertinente de V.S. Naipaul sur les petits pays africains, comme « un des grands soupirs du monde ».

Mes frustrations, cependant, remontent encore plus loin. J’étais arrivé dans ce pays en décembre 1979, alors que la Côte d’Ivoire était encore très en avance sur la Chine en termes de richesse par habitant, sa principale ville, Abidjan, reflétait à la fois une polonaise et une ambition rarement associée au continent, et la Côte d’Ivoire, comme ses dirigeants l’appelle , était le moteur le plus sûr de la sous-région, attirant des migrants économiques de loin et de partout.

Ce pays, dont l’avenir semble prometteur, a commencé à se dévoiler sous mes yeux après mon retour pour le New York Times, après une absence de près de dix ans, en 1994.

Konan Bédié, le successeur du père fondateur du pays, Félix Houphouet-Boigny, a truqué une élection, a commencé à gouverner par un patronage et une corruption inhabituellement flagrants et, surtout, pour renforcer sa légitimité flagrante, il a commencé à recourir à une politique anti-musulmane dirigée contre son plus sérieux rival politique, Alassane Ouattara.

La Côte d’Ivoire a commencé à s’effondrer au ralenti. Sa trajectoire était tout à fait prévisible, comme l’accident de voiture que l’on prévoit mais que l’on ne peut éviter dans un rêve, et pourtant la communauté internationale a à peine soulevé un auriculaire. Aucun envoyé de haut niveau n’a été envoyé pour parer à la crise ou pour servir de médiateur, et aucune initiative diplomatique multilatérale n’a été lancée. Le seul pays qui avait servi pendant des années de modèle plausible de modernité prospère en Afrique de l’Ouest a donc été complètement détruit.

En savoir plus : https://infosdefrance.wordpress.com/2019/07/12/cote-divoire-parce-quaucune-dependance-nest-bonne/

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